Amours de Gypaètes

Les mots se bousculent dans mon coeur pour vous parler de ces images.
Elles sont sacrées pour moi.
C’est avec une grande émotion que je vous les partage.

Je rêvais d’assister à un tel spectacle un jour, et je n’en reviens toujours pas d’avoir été là, aux bons moments, aux bons endroits, avec de belles lumières, de charmantes scènes de vie de couple, de la tendresse même, des vols rapprochés, de multiples accouplements (8 au total), des scènes de nourrissage…

En montant cette vidéo, le Concerto pour violon de Mendelssohn s’imposa rapidement comme une évidence. Il allie profondeur et légèreté, il est virevoltant et enlevé, plein de fougue et d’énergie. Il vient toucher le coeur dès les toutes premières notes, comme à cet instant où vous et moi apercevons un Gypaète. Nous sommes saisis. Sa présence nous fige, tout s’arrête. Chaque arbre autour de nous n’est plus le même. Le roi est là. Nos yeux ne peuvent se poser ailleurs que sur lui, nous sommes comme aimantés.

Car si les images sont sacrées, la musique classique l’est tout autant. S’il y a bien une chose que l’être humain a fait de bon sur cette planète, je crois que ce sont ces partitions. Alors c’est une immense émotion pour moi, à chaque fois, que de trouver La musique qui fera danser l’oiseau.

Et puis après c’est un travail de montage passionnant, long et excitant… Vous pouvez m’imaginez devant mon écran d’ordinateur en train de regarder en boucle les 30 premières secondes de film, la musique emplissant toute la pièce, et mes mains levées comme celles d’un chef d’orchestre qui fait entrer les images une à une, en s’assurant que sur chacune d’entre elle tombe et sonne juste. Tout cela pour sentir quelle sera la prochaine séquence, juste après ces 30 premières secondes. Le plus dur est de résister à l’envie de retourner les voir en vrai. Généralement une bonne journée de pluie est nécessaire.

Et puis il y a tout ce que vous ne voyez pas. Mes larmes d’abord. L’émotion d’assister à ce premier accouplement. De voir cette vie sauvage s’épanouir encore, malgré tout ce que notre espèce lui fait endurer. L’émotion aussi de me rendre compte que le mâle est blessé, il boîte de la patte gauche. On ne le voit pas très bien sur les images que j’ai choisies pour ce film mais sur d’autres c’est bien clair. Sur le dernier accouplement de la vidéo, à flanc de falaise, il s’est d’abord lentement rapproché de la femelle, en boitant énormément. Et je lui disais alors « Qu’est ce que tu veux faire là ? Il n’y a pas beaucoup de place. En plus tu as mal à la patte. Mais non. Mais non. Ohhhh » Il avait déjà sauté sur sa partenaire.

Alors installez-vous, montez le son et regardez ce petit film en grand, il est filmé en 4K, avec mon téléphone !

Je vous souhaite une très belle année 2023.

À nous humains, tous mes voeux de joie, d’amour, de simplicité et d’humilité.
À nos voisins sauvages je leur souhaite de la joie, de l’amour, mais surtout de trouver la paix, et une place dans ce grand monde où les lieux qui leur sont propices se font toujours plus rare. À nous d’inverser la tendance !

Autres espèces filmées : Chocard à bec jaune (en groupe), Vautour fauve et Cerf élaphe.

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Jonathan Rebouillat
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