Gypaète barbu (2022)

C’est le roi des cimes, le Gypaète.
À flanc de falaise, il veille sur son vaste territoire.
Je l’avais plié en vol, le voici posé.
Même oiseau, pliage complètement différent.
Il venait d’un carré, celui-ci est né d’un triangle.
Avec lui je virevoltais, comme celui-là je vais me poser un temps.
C’est que moi aussi j’ai un petit à élever maintenant.
Une fille, une deuxième.
Elle est née il y 4 jours.
Ce Gypaète, je l’ai bien observé élever son jeune ce printemps.
Faire ses allers-retours pour venir le nourrir.
Papa et maman se partagent la tâche.

 

Arracher avec soin de petits morceaux de viande et les déposer précieusement dans le bec de son oisillon. Toute la délicatesse d’un colibri dans le corps d’un oiseau de trois mètres d’envergure.

Jour après jour, être présent.
Le couvrir pour qu’il n’ait pas froid.
Le protéger lorsqu’un danger rôde
Et lui apprendre petit à petit tout ce qu’il faut pour vivre dans ce monde merveilleux et pourtant semé d’embûches.
Ce jeune gypaète est allé jusqu’à m’offrir le spectacle de son premier envol, c’est dire le lien qui s’est tissé entre nous.
Observer ce papa gypaète enrichit ma vision de la paternité. Je me sens uni à l’univers qui m’entoure avec toujours plus d’acuité, de force, de profondeur.
Ce pliage est le fruit de mon amour pour cet oiseau. L’observer me remplit d’une joie immense. Chacune de ses apparitions est une fête.
Maintenant nous sommes voisins cher gypaète. Et tous les deux papas.
Plié à partir d’un triangle de papier Arches (185 g/m²)