Mail 13

Bonjour à toutes et à tous,

Colombia, Colombia, Colombia… !

Quel plaisir d’avoir retrouvé la terre ferme après tout ce temps en mer et sur les îles des Canaries, du Cap Vert et de la Martinique! Trois mois que je n’avais pas été sur un continent…

Que dire de ces 7 jours en mer?

Que du bonheur !!!

Il y a Ludo, le capitaine, la quarantaine, qui voyage en bateau après avoir beaucoup vécu dans des squats dans la région de Lille. Il est végétarien donc pas de pêche pendant le voyage… Il est adorable, demande les choses si gentiment… Je suis si heureux de vivre une vraie belle expérience de navigation!

Et puis il y a Lucie, Max, Mathieu, Irina et moi… Super ambiance, on s’entend tous très bien ensemble, on fait pas mal de jeux et de bon petits plats. À bord, ils révisent tous leur espagnol, et je réponds volontiers à leurs questions… La mer a été vraiment calme, le vent régulier, des conditions optimales! Et le pilote automatique marchait… Ça change la vie! Et puis nous avons eu la chance d’apercevoir une baleine et des dauphins… Le seul hic: un mal de dent que je traîne depuis un moment, j’ai beau été voir 3 dentistes en Martinique, il semble qu’il faille dévitaliser une molaire car la carie qu’on m’a soigné à Montpellier est trop proche du nerf. La douleur me réveille la nuit, je prends un doliprane et essaye de me rendormir…

Le jour où nous avons aperçu la terre: une presqu’île, de hauts gratte-ciels, un hôtel Hilton,… C’est Manhattan? Nous serions nous trompé de cap? Non non non, c’est bien Carthagène… Heureusement que toute la ville n’est pas construite sur le même modèle!

Une fois à terre, je retrouve l’ambiance que j’ai connu en Équateur… Je suis aux anges, il ne me manque plus que la nature, la forêt,… là où les moteurs se taisent et où on peut entendre les oiseaux chanter.

Nous dormons tous encore deux nuits sur le bateau, le temps de trouver un petit hôtel pas trop cher et pour moi, d’aller voir un dentiste! J’irai la voir 3 jours de suite, je n’ai plus mal ensuite… et puis je me sens plus léger: 1 000 000 de pesos (450 euros environ) en moins, j’espère que je serai un peu remboursé…

Le jour où nous avons débarqué nos affaires il fallait être prudents! Le bateau de Ludo était au mouillage, il fallait donc faire des allers retours dans son annexe qui prend l’eau avec nos gros sacs à dos contenant toutes nos vies! Mission accomplie! Je suis le plus chargé… Je transporte une tente, un matelas autogonflant, un duvet, un hamac, des outils pour mon futur vélo, un casque, ma selle en cuir Brooks (bien qu’apparement moins confortable, une selle en cuir se fait à la physionomie de son propriétaire, comme des chaussures, et devient vraiment agréable, c’est pour cela que je lui ai fait traverser l’Atlantique à la voile!), du papier pour mes origamis et mes partitions de piano! Autant vous dire que lorsque j’ai tout ça sur le dos je souffre rapidement… Vivement que je trouve un vélo !

L’hôtel que nous a dégoté Irina est un vrai petit poème… C’est plus que sommaire, les sanitaires sont en dehors des chambres et ne ferment pas à clef! Plusieurs personnes vivent ici en réalité, il y a une petite cuisine où nous pouvons cuisiner de bons petits plats, et il y a même du wifi…pour vous écrire bien sûr!

Lucie et Max partent directement pour Medellin, une nuit de bus! Ils me manquent déjà, j’espère les retrouver plus tard, mais pour ça il faut que je trouve un vélo ! Mathieu se prépare pour partir à pied, Irina prendra un bus pour Bogota (18 heures!)…combien de jours me faudra t-il pour traverser cet immense pays à vélo avant de rejoindre mon cher Équateur?

Pour l’instant nous sommes tous les trois dans cet hôtel, nous nous promenons dans la vieille ville qui est charmante et goûtons aux mangues, fruits de la passion, papayes et goyaves. Tout le monde est dans la rue, on peut tout acheter aux vendeurs ambulants. Sur la charrette de l’un d’entre eux, un message : « La vida es dura pero no dura » (la vie est dure mais ne dure pas!)…

De retour à l’hôtel, un jeune nous aborde. Il s’appelle Li et nous dit être moitié chinois, moitié vénézuélien. Lorsque je lui parle en chinois il ne comprend pas…étrange ! Il me montre sur son téléphone quelques caractères: c’est du coréen mais il m’assure que c’est du chinois… Sa soeur aurait été ambassadrice du Venezuela à Pékin, et maintenant en Syrie… Il s’est fait débrider les yeux, a une puce dans le bras pour sa sécurité… Si tout cela est vrai il semble qu’il vienne plutôt de Corée du Nord et se fasse passer pour chinois pour ne pas avoir de problème… Il n’a pas eu de chance de tomber sur quelqu’un qui parle chinois! Il nous montre des photos de grosses voitures, de grandes villas, de liasses de billets… Nous ne savons pas quoi penser, en tout cas c’est un personnage! Il pesait 200kg, mais n’en fait plus que 100 depuis qu’on lui a mis un anneau. Il chante très bien, nous montre des vidéos de lui à la télé… Mathieu l’enregistre, il chante à tue tête, tout l’hôtel doit l’entendre mais personne ne vient nous dire de faire moins de bruit.

Un peu plus tard, il revient nous voir accompagné d’Alexis, un Colombien (de Medellin) qui veut changer de vie, aller travailler au Panama. Lorsque je lui dit que je vais en Equateur à vélo il veut m’accompagner! Il nous dit avoir vécu 6 ans dans la forêt avec son grand père et avoir tout appris en matière de survie. Je me dis que ce serait vraiment super de voyager avec lui… Malheureusement il m’apprendra quelques jours plus tard que sa tante lui paye le ferry pour aller au Panama, mais il me promet de venir m’aider à construire ma maison en Equateur! Il est adorable, avec son rire d’enfant et son enthousiasme à tout épreuve.

Avec nos deux nouveaux amis nous faisons de petites courses et cuisinons à l’hôtel. On mange assis sur les marches qui mènent aux chambres du premier étage. Cet hôtel est définitivement étonnant!

Accompagné de Mathieu je pars à la recherche des magasins de vélo de Carthagène. Après une bonne demi heure de marche nous en trouvons deux. Les vélos ne sont pas excellents, en fait il n’y en a qu’un qui pourrait faire l’affaire mais il me parait un peu petit. Plus tard, je cherche sur internet si une vélorution existe à Carthagène. Oui! Super! Je l’ai loupé d’une semaine mais il y a un contact, je lui explique mon projet, peut être a t-elle un bon plan à me proposer. Elle me dit qu’il y a plus de choix à Barranquilla (à deux heures de bus) ou bien que je peux en commander une à Bogotá et me la faire livrer. Finalement, après mûre réflexion, j’ai décidé d’acheter le vélo un peu petit, en montant la selle ça devrait le faire! J’ai passé au moins 5 heures dans le magasin pour faire tous les changements que je voulais : mettre ma selle, changer le dérailleur avant, la roue libre arrière, les pédales, installer le porte bagages arrière… J’achète aussi des gardes boues, des poignées relevées, des cales pieds, de la lumière, des rustines, un rétroviseur… Je m’en tire pour 250 euros, après avoir bien marchander! Dans la boutique d’à côté je commande un porte bagages avant sur mesure, je dois revenir dans deux jours pour le récupérer.

Ces deux jours me laissent le temps de préparer mon départ, réparer une fermeture éclair, préparer mon itineraire, faire une petite lessive, et surtout préparer ma plaque d’immatriculation : NO PETROLEO! (Voir photo) Je crée le dessin sur l’ordi d’Irina, cherche un endroit pour l’imprimer, et un autre pour le plastifier…

Entre temps Mathieu et Irina sont partis, je me retrouve un peu seul ici, j’ai hâte de partir à mon tour! Ce n’est pas facile de quitter des gens avec qui on vient de passer 3 semaines géniales, à rechercher des bateaux au Marin, puis en voyage sur un voilier, et enfin ici à Carthagène, sur un continent qu’ils découvraient tous!

Hier je suis allé récupérer mon porte bagages, ils me le donnent sans les vis pour le mettre, et en plus ça ne passe pas dans les trous prévus à cet effet, je suis un peu énervé ! Mais bon, nous sommes en Colombie, je vais forcément trouver une solution! J’ai l’idée de le fixer sur l’axe de la roue avant, je trouve un mécano, achète un axe plus long et c’est parti pour une bonne leçon de bricolage. Il faut repercer les pattes du porte bagages et changer l’axe (il fait tomber des billes de partout, et lorsqu’on se rend compte qu’il en manque une, c’est dans sa chaussure qu’il la retrouve!). Bref, tout est bien qui fini bien, me voilà reparti sur mon vélo, je me rends compte que même sans être chargé, je le sens bien ce porte bagages avant, vous verrez sur les photos, il est assez imposant!

Dernière soirée, je fais mes bagages, passe une bonne nuit! J’ai déjà une réponse, quelqu’un pourra m’héberger à Medellin, dans 700kms, 10 jours à peu près.

Après un bon petit déjeuner, je me lance à nouveau dans la rédaction de ce message, je voudrai l’envoyer avant de partir!

J’ai surement oublié plein de choses, qu’importe, cela fera des anecdotes à vous raconter plus tard!

C’est parti pour l’aventure à vélo! Je suis si heureux!

Rappel: vous pouvez me suivre sur ce lien:

http://share.findmespot.com/shared/faces/viewspots.jsp?glId=0GX9eWNhsR64EJEQ8IHoViKaBv0gIrmsV

 

Je vous embrasse,
Jonathan

PS 1: Je vous joins quelques photos de pirates, et du voyage en voilier!
PS 2: les photos du vélo chargé seront pour une autre fois 😉

Contact

Jonathan Rebouillat
(+33) 7 68 67 54 84
jonathan.rebouillat@yahoo.fr