Tétras lyre (2023)

Dans la fraicheur du petit matin, sur un tapis de neige, la parade peut commencer.

L’élégance du tétras lyre me subjugue.
La délicatesse de ces volutes, la beauté de ses formes, l’harmonie de ses couleurs.
Je rêve d’assister à ce spectacle un jour.

Car oui, une fois n’est pas coutume, cet oiseau là, je ne l’ai pas encore rencontré.
La naissance de cet origami est né de l’émotion d’une rencontre avec un humain.
Il s’appelle Antoine Lavorel.
De ce jeune homme émane une douceur sans pareille.
Il m’a offert une photo de ce bel oiseau, et j’en suis tombé sous le charme.

Le lendemain, j’étais en gare de Dijon, et j’ai senti qu’il fallait plier.

J’ai pris un papier, j’ai sorti le cliché d’Antoine, et j’ai laissé mes mains sculpter.
Un premier essai tout brouillon, mais je tenais une piste.
Puis un autre avec du papier d’aquarelle.
C’est mieux.
De retour à mon atelier quelques jours plus tard, j’ai enfin pris le temps de le plier calmement, avec un plus grand carré de papier.
Il est né ce jour-là, il y a un peu plus d’un mois.

Et hier, je l’ai enfin emmené tout là-haut, dans la neige.
Des heures de marche en raquettes par un froid glacial.
Là-haut, je l’ai sorti de son écrin.
Dé-li-ca-te-ment.
Je l’ai posé sur la neige.
Il s’est tout de suite mis à parader.
Il est resté suffisamment longtemps pour que je puisse le photographier.
Et puis il s’est envolé.

Merci Antoine.
Merci la vie.

Plié à partir d’un carré de papier Arches (185 g/m²)